Vaya con Dios (deuxième partie)

Coyllas et les autres personnes du village arrivent enfin à Cuzco. Pour le moment, ils dorment, ils boivent, ils mangent, ils oublient. Mais bientôt, ce sera la grande Fête de mai.

Quand Coyllas et les autres personnes du village arrivent en ville, un prêtre les attend. Il les accompagne vers une petite  cabane en bois. Ils devront rester là jusqu’à la fête. Ils auront tout ce qu’il leur faut pour manger et pour boire. Coyllas est arrivé, ils peuvent enfin se reposer et faire une pause dans leur lourde mission : amener le petit Coyllas au Sapa Inca. Pour le moment, ils dorment, ils boivent, ils mangent, ils oublient. Pour rentrer, le chemin sera encore beaucoup plus difficile. Mais, pourquoi y penser et faire des cauchemars ? Leur destin a déjà été décidé par les dieux. Maintenant, il vaut mieux se reposer et profiter de la fête.

Ce matin, c’est le jour de la célébration. Des gens sont venus de toute la province, de tous le pays, de tout le continent. Depuis plusieurs jours, ils dorment dans les rues de la capitale et sur les collines qui l’entourent. Ils sont fatigués, mais la fête justifie tous ces efforts, le manque de sommeil et de nourriture. Beaucoup ne pourront voir ce spectacle qu’une seule fois dans leur vie, et tous espèrent qu’un enfant de leur village aura l’honneur de faire le tour de la place un jour. Lui aussi, il aura de hautes plumes sur la tête, des lamas dans la main, et il montrera à tout le royaume les couleurs du village.

Coyllas est très fatigué. Il a dû se lever bien avant le soleil pour mettre son costume et ses plumes. Il est jeune, il sera donc un des premiers à faire le tour de la place. Une petite fille le suivra, dans les bras de sa mère. Elle est trop petite pour marcher seule sur la place. Son costume et ses bijoux sont trop lourds. Bientôt, Coyllas et la petite fille seront mariés, comme les autres enfants qui sont venus rendre hommage à l’Inca et à leur village. Les spectateurs attendent tout autour de la place, laissant un immense vide au milieu. Pour des enfants si petits, cette foule ressemble à un véritable mur, et le cercle vide au milieu de la place à un grand trou. Coyllas a peur de tomber. Il voit une grande montagne au fond. Sa mère lui a dit que c’était un monstre déguisé, et que s’il faisait une bêtise, il lui tomberait dessus. Les spectateurs autour de la place font beaucoup de bruit. Coyllas a mal à la tête et aux oreilles. Il a mal aux yeux aussi, car les spectateurs les plus riches, placés devant tout le monde, portent des costumes très colorés et des bijoux en or qui reflètent le soleil. Cette lumière traverse toute la place, dans tous les sens, et Coyllas ne voit plus rien. Il ferme les yeux. Il a peur. Il veut crier. Sa bouche s’ouvre mais le son ne sort pas.

Sa mère pousse ses épaules. Il tombe presque, mais il réussit à faire un premier pas. Tous les spectateurs le voient maintenant, ils crient, Coyllas doit continuer. Il regarde autour de lui. Il a peur. Les gens hurlent, tapent dans leurs mains. Coyllas a l’impression que la terre tremble. Les spectateurs font encore plus de bruit quand la petite fille apparaît sur la place dans les bras de sa mère. Coyllas a répété avec sa mère tout ce qu’il devait faire, mais il n’arrive pas à bouger. Ses yeux sont les seuls à se déplacer à la recherche d’une issue. Il voit sa mère. Elle a l’air en colère. Elle fait de grands gestes et lui montre l’autel. Il respire. Il fait un pas. Les spectateurs sont soulagés. Coyllas avance sur la place. La petite fille, qui est sa femme maintenant, et les lamas, les applaudissements, les cris le suivent. Il y a beaucoup de bruit, mais il n’entend plus rien. Il n’entend que sa respiration et son cœur qui bat très vite. Après avoir marché sur la moitié de la place, Coyllas s’arrête devant l’Inca. Il lève les bras au ciel, tout le monde hurle de joie. Coyllas parcourt le reste de la place et retourne dans sa petite cabane.

Sa mère et les autres personnes du village sont heureux. Tout le monde boit, chante, sauf Coyllas qui est assis dans un coin. Sa mère veut qu’il soit content lui aussi, mais il pleure. Tout le monde l’oublie vite et continue de faire la fête. Le chemin du retour sera difficile. Maintenant, il est temps de profiter, de célébrer, d’oublier. Tout le tout le monde ne rentrera peut-être pas vivant au village.


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