Une vie de papier – intermédiaires – (troisième partie)

Après le déjeuner, je décide d’essayer d’oublier toute cette histoire et de me remettre au travail. Ce ne peut être que mon esprit fatigué qui me joue des tours. Mais, il n’y a rien à faire. Après plusieurs heures à lutter pour rester concentrée sur mes tâches professionnelles, je me rends compte qu’il m’est impossible de ne pas penser au LIVRE. Il m’obsède.

Après le déjeuner, je décide d’essayer d’oublier toute cette histoire et de me remettre au travail. Ce ne peut être que mon esprit fatigué qui me joue des tours. Mais, il n’y a rien à faire. Après plusieurs heures à lutter pour rester concentrée sur mes tâches professionnelles, je me rends compte qu’il m’est impossible de ne pas penser au LIVRE. Il m’obsède. Alors, après plusieurs hésitations, je décide une fois pour toute de le rouvrir afin de voir ce qu’il en est. Je me dirige vers l’accoudoir, pas de livre. Pourtant, je suis absolument certaine de l’avoir laissé là, posé sur l’accoudoir du fauteuil. Je le cherche dans la bibliothèque, là où je l’ai trouvé, mais il n’y a rien, même pas l’espace vide qu’il aurait dû laisser. J’aurais peut-être pu inventer des images, mais tout un livre ! Ce n’est pas possible, je ne suis pas folle tout de même, il était bien là ! J’inspecte l’appartement de fond en comble. Sous les meubles, sur les étagères, dans les tiroirs, entre les coussins du canapé, et même à l’intérieur du frigo. Rien !

Épuisée, je me laisse tomber dans le fauteuil rouge. Je ne peux pas expliquer la panique qui m’envahit, mais elle est bien là, pesante, constante, comme si j’avais perdu quelque chose d’important, sans pouvoir le définir. La sensation me rappelle un peu ces rêves que je fais parfois, perdue dans un lieu où je cherche quelque chose que je n’arrive ni à trouver ni à définir. Pourtant, il ne s’agit que d’une histoire que j’ai inventée. Alors, quelle importance tout cela peut-il bien avoir ? Je me répète ces mots et je parviens finalement à reprendre mon travail. À la fn de la journée, je choisis un nouveau livre et, quand je commence à ressentir la fatigue peser sur mes yeux, je me lave les dents, je mets mon pyjama, je me couche, et je m’endors sur mon livre ouvert.

Ce matin, en me réveillant, le LIVRE revient hanter mes pensées. Je n’ai aucun souvenir d’en avoir rêvé, mais j’ai l’étrange sensation qu’il ne m’a pas quittée de la nuit. Contrairement à mon habitude, je me lève et je me prépare à toute vitesse, puis je sors pour me diriger vers la grande librairie papeterie qui se situe à quelques stations de bus de chez moi.
J’entre, et je me mets immédiatement à la recherche d’un livre ayant une couverture verte en cuir identique à mon fantôme de la veille. Je parcours chaque étagère de chaque rayon. Rien. Je désespère ! Après avoir fait toute les allées, aucun livre ne correspond à celui que je cherche. Je n’arrive pourtant pas à quitter le magasin, alors j’erre entre les rayons et je me dirige lentement vers la papeterie. Je me promène quelque temps entre les allées, puis, soudain, je m’immobilise. Je recule de quelques pas. Il est juste sous mes yeux ! Exactement la même couverture, sans aucune inscription. Je le prends dans mes mains. Rien. Je l’ouvre. Toujours rien, juste des pages blanches. Ce n’est qu’un carnet de notes.

Je ne sais pas quoi penser. Il s’agit bien du même livre, la copie exacte, mais aucune image n’apparaît quand je l’ouvre, rien ne se passe, rien du tout. Je n’arrive pas à m’expliquer la déception que je ressens, mais je décide tout de même de l’acheter. Je me dirige vers la caisse, je sors de la boutique, et je rentre chez moi, déçue et épuisée. Je crois que j’aimais ces images de ma vie finalement.

Arrivée à la maison, je m’installe à nouveau dans mon bon vieux fauteuil rouge. Je saisis le carnet de notes, je l’observe, je le touche, je le sens. Une partie de moi attend, espère, qu’il se passe quelque chose. Rien. Je l’ouvre. Ses pages restent désespérément blanches, lisses, invisibles. Ma vie n’apparaît pas et elle me semble soudain à l’image de ces feuilles blanches, lisses, invisibles.
Un stylo posé sur la table basse devant moi attire mon attention. Je le saisis entre mes doigts, j’ai soudain envie d’écrire mon histoire sur ces pages blanches qui ne reflètent pour le moment que le vide. Je réfléchis, rien ne me vient. Mon rituel quotidien, Kenny, mon petit déjeuner, mon travail, tout cela n’a pas vraiment d’importance. Rien de tout cela ne ferait une bonne histoire. Plus je songe à la vie que je voudrais raconter, plus je réalise qu’elle ne ressemble pas du tout à la mienne. Elle ressemble à cette petite fille qui joue et qui rit. Alors je sors à nouveau, je me rends à la maison d’édition, je discute avec mes collègues, on déjeune, on rit.

Le temps passe si vite. À la fin de la journée, nous décidons tous d’aller nous raconter nos vies, nos opinions autour d’un bon verre de vin. Je ne parle pas beaucoup, mais quand je rentre chez moi, j’ouvre mon carnet de notes, j’agrippe mon stylo entre mes doigts excités. J’ai enfin une vie à raconter et un monde pour m’écouter.


De fond en comble : dans les moindres recoins, absolument partout

À vous maintenant ! 

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