Un meurtre au paradis (troisième partie)

Tout s’explique, mais quelle horreur !

 

L’homme en polo bleu est interprète, et me il me traduit les questions des policiers dans un très bon anglais :
– Est-ce que le sac sur la terrasse est à vous ?
– Non, je l’ai trouvé ce matin en me levant.
– Vous avez vu la personne qui a déposé le sac ?
– Non.
– Cette chaussure est à vous ? (il me montre une tong dans un sachet plastique).
– Non.
L’homme avec le polo bleu m’explique que je dois prendre mon passeport et les accompagner au poste de police. Ils acceptent de m’attendre pendant que je prends une douche et que je m’habille. Le maillot de bain n’est pas une tenue pour un poste de police ! Je sors rapidement, et je monte dans leur voiture. Le trajet dure environ trente minutes. J’ai très peur, je ne sais pas du tout ce qu’ils veulent.

Arrivés au poste, les policiers me font signe de m’asseoir sur une chaise, dans un bureau où il fait très chaud. Il n’y a pas la climatisation, juste un ventilateur. Il y a trois chaises en bois, un vieux fauteuil, une table en plastique et quelques étagères vides et pleines de poussière. Il y a aussi une fenêtre, mais on ne voit pas au travers et elle ne s’ouvre pas. Ils m’offrent un verre d’eau, et ils reprennent leur questions. L’homme au polo bleu traduit toujours :
– Comment vous appelez-vous ?
– Quel âge avez-vous ?
– Quelle est votre nationalité ?
– Quand êtes-vous arrivée en Thaïlande ? Sur l’île ?
– Où habitez-vous ?
Après ces questions générales, ils commencent alors à m’interroger sur la nuit dernière :
– À quelle heure êtes-vous rentrée chez vous hier soir ?
– Avez-vous vu ou entendu quelque chose de particulier ?
Je me rappelle alors de l’oiseau qui m’a réveillé. Je leur raconte que j’ai peut-être entendu des voix, des Français, mais je n’en suis pas sûre.
– Pourquoi vous n’avez rien dit ?
– Je pensais que c’était un rêve, mais avec toutes ces questions…
– Vous connaissez cette personne ?
Ils me montrent la photo d’un homme qui doit avoir environ quarante ans.
– Non.
Les policiers se parlent dans leur langue, je ne comprends pas. Ils me laissent seule dans la salle avec l’homme au polo bleu. Je lui pose des questions, mais il me dit juste qu’il n’a pas le droit de me parler si les policiers ne sont pas là. J’attends, j’ai chaud, j’ai peur.
– Est-ce que je peux appeler quelqu’un ?
– Vous allez bientôt rentrer.
Environ quinze minutes plus tard, les policiers reviennent dans la petite pièce. Je peux rentrer à l’hôtel. Ils me proposent de me ramener, mais je préfère prendre un taxi.

À l’hôtel, la femme de l’hôtel me voit arriver, elle m’appelle dans son bureau.
– Comment ça va ?
– Ils voulaient quoi ?
Je hausse les épaules, je ne sais pas quoi répondre. Elle me montre alors un article sur son ordinateur et m’explique qu’elle pense que c’est à cause de cette histoire que les policiers sont venus. Elle me raconte dans un anglais très simple :
– Hier, un Français est mort. Un autre Français l’a tué sur la plage, avec ça.
Elle me montre un bâton plein de petits coquillages tranchants. J’en ai déjà vu plusieurs sur la plage. J’ai toujours peur d’en rencontrer un quand je nage. Ça doit faire très mal.
– Après, ils ont emmené l’homme mort à la rivière à côté. Mais il n’y a pas beaucoup d’eau, alors la police a trouvé le corps ce matin. Quand je suis arrivée, les policiers parlaient, et j’ai compris quelques mots. L’homme qui est mort est allé faire des courses avant d’aller à la plage. Il a acheté une mangue, un fruit du dragon, quelques sachets de café au lait, et la fille du magasin se rappelle qu’il a mis la monnaie dans un paquet de cigarettes.

Le sac de la terrasse ! Tout s’explique, mais quelle horreur ! La nuit dernière, en entendant les voix, j’aurais pu sortir, aller voir dehors ce qu’il se passait. Heureusement que je pensais que c’était un rêve ! Qu’est-ce qui aurait pu se passer ? Je suis paniquée. J’appelle plusieurs personnes pour me rassurer, mais j’ai trop peur de rester toute seule cette nuit. Heureusement, il y a encore un vol ce soir, et il reste des billets. J’en achète un très vite, je mets toutes mes affaires dans ma valise, et je prends un taxi pour l’aéroport, très loin de toute cette histoire.


 

Point linguistique

  • La question avec inversion du sujet :

La question avec inversion du sujet est un peu formelle, mais elle est facile à utiliser et, à l’oral, il est pratique d’utiliser la même structure en changeant juste l’ordre Sujet-Verbe.
Avec les interrogatifs : Comment, Quand, Où, Pourquoi, Combien (de temps, de pays…), Quel (suivi d’un nom), utilisez la structure suivante :

Interrogatif + Verbe + Sujet (+ tout le reste de la phrase)

Exemple : Quand partez-vous en vacances ?
(Attention, si le verbe se termine par une consonne phonétique, on ajoute un T pour faciliter la prononciation.
Exemple : Quelles langues parle-t-il ?)

Et pour un effet moins formel, à l’oral, il suffit d’utiliser :
Interrogatif + Sujet+ Verbe (+ tout le reste de la phrase)
Exemple : Combien de temps vous partez en vacances ? (certains interrogatifs, comme quand et où, se placent plutôt après le verbe, mais cette structure reste compréhensible si vous avez un trou de mémoire).

  • Est-ce que et qu’est-ce que

Pour les questions en Oui/Non, et les question avec Que (qui portent sur un objet inconnu), on utilise souvent la forme en est-ce que :
Est-ce que tu pars en vancances ?
Qu’est-ce que tu manges / Tu manges quoi ? (Que manges-tu est correct mais très formel)


À vous maintenant ! 

Que pensez-vous de cette histoire ? Découvrez le meurtre qui m’a inspiré en cliquant sur ce lien, et posez-moi des questions pour savoir quelle parie de l’histoire est vraie ou fausse.

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