Une vie de papier (première partie)

Je m’appelle Chloé. J’ai 32 ans. J’aime tellement les livres que je me suis perdue au milieu de leurs pages. Ils sont mes voyages, mes loisirs, mes amis, ma famille même.

Je m’appelle Chloé. J’ai 32 ans. J’aime tellement les livres que je me suis perdue au milieu de leurs pages. Ils sont mes voyages, mes loisirs, mes amis, ma famille même.

Les livres sont aussi mon métier. Je travaille pour une maison d’édition. Je suis relectrice, critique, et je participe parfois à la sélection des ouvrages pour des concours littéraires. J’ai aussi un blog. Je commente les livres que je lis. Ceux que j’aime, ceux que je déteste, ceux qui me laissent indifférente. Aujourd’hui, avec l’informatique, je peux même travailler de chez moi. Je ne sors presque plus. Je fais toujours mes courses et mon shopping sur Internet, je commande à dîner, je regarde des films et je découvre de nouveaux livres, sans bouger de la maison. Parfois, je parle à des amis sur les réseaux sociaux. Quelques mots, quelques phrases. Mais ils s’effacent peu à peu car je ne les vois presque jamais, et je crois qu’ils commencent à m’oublier.

J’ai parfois l’impression d’être un des personnages de mes romans, l’impression que je n’existe pas vraiment. Peut-être que c’est vrai, que ma vie n’est pas réelle, que je disparais chaque fois que quelqu’un referme le livre de mon histoire.

Quand je me perds trop dans ces pensées, il y a un être vivant qui me rappelle que je respire vraiment et que je dois le nourrir, mon seul véritable compagnon : mon chat. Il s’appelle Kenny. Il adore les câlins, déteste être seul, et ce qu’il préfère, c’est s’allonger sur les pages de mes livres quand je suis en train de lire. Il veut toujours que je m’occupe de lui. Il est noir et blanc, doux comme de la soie, et je crois que je lui donne trop à manger. Il est gros et son ventre s’arrondit un peu plus chaque jour.

Je ne vois pas souvent ma famille. Ma sœur voyage tout le temps, elle est hôtesse de l’air. On ne se ressemble pas beaucoup toutes les deux, et nous n’avons jamais été très proches. Mes parents sont retraités. Ils m’invitent souvent à venir les rejoindre dans leur maison dans le sud, mais je trouve généralement des excuses.

Parfois, je me sens seule chez moi, au milieu de mes livres, mais je m’y sens bien aussi. Ils me rassurent, ils me font rire, pleurer des fois. Ils me donnent l’impression d’être complète. J’aimerais trouver une personne qui me donne aussi ce sentiment. Une personne pour me faire sentir entière, pour me faire rire, me faire pleurer, m’écouter en silence quand j’en ai besoin, et me raconter des histoires pour me faire rêver.

Aujourd’hui, il me semble que les gens ne se parlent plus. Ils me lisent, ils se racontent, puis ils se ferment et ils partent. Peut-être que nous sommes tous des personnages de romans finalement, tous enfermés, chacun dans notre propre livre.


 

Point linguistique

un ouvrage = un livre

  • Se présenter :

Je m’appelle Chloé, j’ai 32 ans, je suis relectrice, je travaille pour une maison d’édition…

  • Parler de ses goûts :

J’adore lire, j’aime mon chat, ce qu’il préfère c’est les câlins, la météo me laisse indifférente, je n’aime pas la télévision, je déteste les histoires romantiques…

  • Conjugaison des verbes du premier groupe :
J’aime Nous aimons
Tu aimes Vous aimez
Il/elle aime Ils aiment
  • Les adverbes de fréquence :

Jamais, parfois/des fois, souvent, toujours, tout le temps


 

À vous maintenant ! 

Présentez-vous dans les commentaires, dites ce que vous avez pensé du texte et, si votre niveau vous le permet, commentez la dernière phrase du texte. Pensez-vous que les gens ne savent plus communiquez ?

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